EPIC WIN

Il y a bien longtemps que je n’ai pas basculé mon clavier en azerty pour écrire quelques lignes dans cette langue pourtant si agréable sous les doigts, où les mots semblent venir naturellement l’un après l’autre, et force est de constater que mes circuits neuronaux ont encore en eux l’empreinte de trop longues années d’utilisation du clavier à la française, car je ne confonds plus les a avec les q après les quelques secondes qu’il m’a fallu pour taper ces presque cinq cents caractères (et oui).

Ce n’est pas que je n’aie rien à dire. Comme le résume si bien mon ami de toujours exilé aux stazunis, ce que je puisais dans l’écriture a été comblé par de la chaleur humaine. Mes histoires de coeur ne sont plus des histoires, elles se contentent de m’apporter joie et félicité dans ce pays où j’approche le stade de “vieil immigré” avec un record de près de 6 ans de temps de séjour. Blondie et gcc font toujours des siennes (des leurs ?). DieByForty a fêté son deuxième anniversaire le jour de la fête de la musique. FrontMan est un magnat de la finance avec un salaire de roi du pétrole. Les autres personnages récurrents de ces pages ont plus ou moins disparus de mon périmètre social, et c’en est bien dommage.

Mais voilà. Une fin de période d’inactivité. Je vous promets plein de textes à raison d’un tous les trois jours. Ils ne seront pas tous dramatiques, forcément, mais que voulez-vous, il faut un peu de temps pour dérouiller les doigts. Et oui, c’est comme ça. Hop. Alors make some noise, répandez la bonne parole. Tuitui is back.

Voici le premier.

Il y a quelque chose de délicatement enchanteresque à une voix féminine légèrement saturée artificiellement. Un producteur japonais l’a bien compris en créant “Perfume”, et projette trois jeunes japonaises pas tout à fait déniaisées sur le devant de la scène musicale nipponne.

En plus de délivrer des lignes de basses capables de faire se trémousser le plus sourd des moines zen (la basse, ça se joue dans les graves, avec des enceintes qui font 50 cm de diamètre, sinon ça casse), MacTuitui himself, le seul, l’unique, s’est mis à pousser la chansonnette, pour harmoniser les chansons à thème dépressif de DieByForty. Et wai mec, j’écris mon blog, je peux me la péter grave, t’vois.

Mais honnêtement, fini le temps où je savais chanter juste et jouer en même temps. Ca remonte à une quinzaine d’années, à l’époque j’étais encore innocent, je jouais du violoncelle, je chantais des airs religieux avec ma voix de prépubère cristalline. Maintenant, je joue des morceaux où les paroles sont suicidaires (oui, je ne l’ai su que récemment), avec des accords pas tout à fait harmoniques au sens Fourier du terme.

Les plus courageux chercheront sur le site de vidéo à la demande le plus répandu des preuves de la chose, et pourront doucement rigoler.

Toujours est-il que DieByForty, c’est sympa. Sauter partout, du gros son au bout des doigts, des gens qui se trémoussent à quelques mètres, et récemment, des gens qui ont air d’apprécier suffisament pour revenir sans trop forcer.

See you space cowboy.

C’est temporaire.

J’ai mis à jour wordpress. Il faut que je mette à jour le thème. Mais au moins, plus d’erreur dans les commentaires et autres. Enfin j’espère.

Je reviens.

Erreurs fatales

Ca deconne de partout (commentaires surtout), bougez pas, je m’en occupe sous peu.

A toi

J’ai parfois ce passe-temps assez malsain de replonger quelques années auparavant et de tester les connaissances de mon pote Google dans le domaine des gens entrés en relation avec yours truly. Cette fois-ci, la cible était la charmante japonaise qui m’a appris à parler tel que je parle maintenant, en tous cas en japonais.

La dernière fois que je l’ai vue, il faisait froid, et il s’agissait d’une crèpe party à la maison, je ne sais plus quand, mais bien quatre années dans le passé. Depuis, plus de nouvelles, rien.

— Hé, Google, tu la connais ?
— Oui, jusqu’en novembre 2007.

— Ho.

J’ai donc un aperçu de son parcours professionnel, une photo d’identité de 60 par 60 pixels, où ses cheveux sont courts, et assez classe. Elle fait dans le quantique, à base d’équations de 27 lignes, et autres joyeusetés qui m’échappent. Son nom est connu à Stanford, et toussa.

J’ai même un e-mail qui doit probablement marcher. Un mail de bonne année ? Après quatre ans de silence, et aucune raison de renouer contact si ce n’est une nostalgie mal placée, et une colline de problèmes en perspective ? Jouons-là passif.

聖子ちゃん、5年前隣にいた例のフランス人です。久しぶりですね。今日はただ君のこと思い出しただけです。これが読むことにならないだろうが、万が一。。。

Facile, hein. Dans quelques jours, je supprime son nom.

Xmas

You know what?

Il s’en est passé des choses depuis la dernière fois. For starters, le batteur du Coffee Shop, ayant cessé de vendre du café pour vivre une succession de voyages-cdd-voyages-cdd, well ce n’est pas comme si il ne faisait pas cela tout le temps, n’étant plus, donc, vendeur de café, les jam-sessions avec les musiciens de Toritsudaigaku sont tombées à l’eau.

Tiens, mon téléphone entre en résonnance avec ma table. Brrrr. Brrrr. Les LEDs rouges transpercent la carapace noire de mon monolithe et m’annoncent le nom d’un de ces musiciens, proche de l’ex-vendeur de café. Je décroche.

— Shimoshimo, dis-je en empruntant le vocabulaire de voyou japonais.
— Bonne année, répond-il sous un bruit de guitare distordue qui remplit le combiné.

S’en suit une discussion sur le cours de la bourse et autres joyeusetés mondaines. Puis il me passe le batteur qui me souhaite aussi la bonne année, et qui m’annonce que son téléphone était coupé, les affres d’une vie comme la sienne, ce qui d’un coup me donne moult excuses de ne pas avoir donné de nouvelles, toussatoussa.

Il apprend que je suis tout seul jusqu’au 8, et propose d’un coup de louer une voiture et de “hit the road, Jack” comme en ‘40, jusqu’au premier onsen montagnard. On verra une prochaine fois.

DieByForty fait bouger des lycéens sur-excités avec moult slams au dessus de la foule. Vidéos à l’appui sur youtube, ce concert du 25 était exceptionnel.

Bonne année 2008.

Pupillochoc

Il y a deux types de rencontres. Celles où je regarde une demoiselle, quand bien même magnifique, mais “ça” n’arrive pas, et les autres.

“ça”

Tout se passe en une demie seconde, une sorte de pause temporelle où nos pupilles jouent au jeu de celle qui réfléchit le plus. D’habitude je m’en sors pas trop mal à la reflexion, mais dans ces cas-là, c’est une autre histoire.

Bref, il y a celles pour qui “ça” se passe non pas au niveau des yeux, ni des pupilles, mais dans les tripes, un quart de seconde sous le choc, et le reste dans les choux. Une sorte de sentiment qui ne peut qu’être réciproque. Cela se lit sur ses yeux.

Quand on sait que la majeure partie du charisme que l’on peut afficher provient de la taille de sa pupille, il devient nécessaire d’ouvrir les yeux, de chercher à éviter la lumière, pour paraître plus attrayant. Une sorte de jeu de qui a la plus grosse, mais façon gens qui savent, pas le jeu auquel s’adonne une bonne partie de la populace. Pensez lumière tamisée et diner aux chandelles. Oui des fois je peux apporter des arguments à mes hypothèses (Don’t forget: we know it’s true because it says so on the internet, tiens un jour je vous raconterai comment j’ai rencontré Steve McCloud).

Tout ça pour dire que pas plus tard qu’hier, “ça” est arrivé. Au magasin “American Apparel” de Shibuya, sur le chemin qui mène à Omote-sando, je croise le regard d’une gente demoiselle, pourtant accompagnée, et moi aussi. Et là, crac, “ça”, et ce sentiment puissant m’envahit. Celui où tout est possible, parce qu’elle ne peut que ressentir la même chose. Plus besoin de mots. Elle et moi sommes au dessus des mots. Et les trois contacts visuels montrent que chacun ne cherche plus qu’à s’adonner au regard de l’autre. Là où ça chatouille dans le ventre, pour je ne sais quelle raison.

Pour une demie-seconde de bonheur pur et tellement simple que s’en est honteux.

“ça”, c’est un peu ce sentiment magique qui n’arrive que trois fois par an, dans le regard d’une douce inconnue, au détour d’une rue, d’un magasin, d’un chemin pourtant mille fois emprunté. “ça” est tellement puissant que je souhaite à chacun de lui donner le nom qu’il souhaite.

J’ai bien sûr choisi le mien, mais je le garde pour moi.

Tout baigne

Général, je réponds à ton bat-signal.

Je vous l’avoue, j’ai passé deux jours en France. Enfin pour être très précis, je suis arrivé le 23 octobre à 04h05, en avance, de Tokyo, pour prendre l’avion pour Hanovre, à 7h05, pour ensuite reprendre l’avion pour Paris, à 12h30. Je suis donc arrivé chez moi, à Lyon, à 17h13, après être parti à 17h48 (heure locale) de chez moi, à Tokyo, la veille. Je suis reparti de Lyon à 06h02, le 26 octobre, pour prendre un train pour Roissy, un avion pour Hanovre, taxi, deux nuits sur place, taxi (4h30 du matin, et oui j’en ai même oublié le décalage horaire), un avion pour Amsterdam, bus-train-train-bus pour faire l’aller-retour Schiphol (se prononce skip’hol) - Amsterdam Centraal le seul jour de l’année où les trains desservant l’aéroport sont en réparation, un autre avion pour Tokyo, trois trains, et arrivée chez moi, vers 13h12, en passant dire un bonjour au vendeur de café (et wai, mec, je fais des posts avec de la suite dans les idées).

Soit 60h49 à Lyon de libres. Si vous étiez fans de mon corps au point de me voir à la sortie de moult heures de vol, malrasétoutça, vous auriez pu me trouver Terminal 2D, Roissy CDG le matin du 23 vers 4h. Je doute que vous soyez motivés à ce point. Donc voilà, je suis passé par chez vous, je repasserai.

Donc parlons-en de Roissy, de Lyon, de Hanovre, de Amsterdam, de la SNCF juste pas en grève et Air France en grève, parlons-en de ce trop bref passage au pays du fromage (ok, c’est valisé), autres saucissonneries (ok, c’est valisé) et autres chocolateries (ok, c’est valisé), sans oublier moult choses diverses (oui c’est paradoxal). Un aller avec une valise de 13 kilo 7 (dont 4 kilo 8 de vêtements, non la valise n’est pas si lourde) et un retour avec la même valise, de 14 kilo 2 (dont 5 kilo 3 de vêtements, propres, merci Maman).

Ah je vous vois venir avec vos talents de devins cachés. Je laisserai planer le mystère parce que voilà, tsé, y’a eu de la casse (j’ai assisté en direct au concours de levé-jetté des bagagistes trac-piste de Roissy, je soupçonne un lien direct de cause à effet, mais je peux me tromper) et que niveau interêt pour toi, lecteur, une tasse et un calendrier, c’est proche du moins un sur Richter (oui, c’est une échelle logarithmique, et oui j’ai des connaissances suffisantes en maths pour corriger des sujets de stage à l’X, je conçois bien le paradoxe).

J’ai apprécié la France telle que je l’ai vue, avec un monsieur d’un certain âge qui me refile son passe deux jours illimité ratp à Roissy, me faisant économiser une somme d’argent aussitôt perdue en frais d’émission à bord (les puristes comprendront), avec son temps relativement clément, aucun manquement à la politesse (les fidèles lecteurs comprendront), et une ambiance dans les rues, une expression sur les têtes de chacun qui inspirait à the pursuit of happiness, comme il est marqué dans la constitution des stazunis, en américain dans le texte.

J’ai apprécié le froid allemand d’Hanovre, l’étudiante visiblement gênée en me parlant (oui, Yvonne, un mètre quatre-vingt au garrot, mignonne comme tout), la bière locale, le chairman pris la main dans le sac et la tête dans les nuages après ma présentation “je réfléchissais à wotre présentation” s’excusait-il en me serrant la main (dans le sac), tout en transformant tous les w en v, sans pour autant créer de nouvelle coccinelle (attention, je signale un jeu de mots très foireux).

J’ai apprécié Amsterdam une fois les 10 heures passées, parce qu’avant ça, ce ne sont que junkies “I’m hungry” et déchets de la veille qui peuplent (un ou deux par hectare) la ville. De quoi avoir peur, et de trouver cela glauque de chez Glock (notez comment je te jeu-de-motise le suicide par balle). Avec des gens, du soleil et des vélos, cela m’a donné envie de revenir, quand il fait beau, à vélo, et avec Marco (prénom néerlandais typique).

Pour moi, les pays-bas représentent peu de choses. Tulipes. Moulins à vent. Van ***. Drogues. Prostitution, Heineken, Amstel. Deux ou trois scènes d’un Largo Winch. Vélos. Ponts. Une amie de terminale -mais cela est une autre histoire que je vous raconterai un jour (elle est même déjà écrite) futur-.

J’ai trouvé cela plutôt étrange de considérer les charmantes blondes qui ont parchemé mon périple comme exotiques. Les yeux verts m’ont fait un effet fou, et je me suis surpris à m’imaginer de retour en Europia.

Mais d’ici là, tout baigne.